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Petit guide pratique du vêtement éco-responsable

Dernière mise à jour : 10 mars 2022


HAVE A GREEN CHERYR DAY, ensemble vintage, IG de Léa notre modèle : @yssry_pat


OEKO-TEX, ça vous parle ? Non ça n’est pas du chinois. Vous n’avez pas pu le rater, les nouveaux créateurs et marques se revendiquant comme "éco-responsables" se multiplient de jour en jour sur nos réseaux sociaux.

La communication sur une consommation plus responsable et éthique du vêtement semble être à la mode. Mais que comprenez-vous vraiment lorsque vous entendez ce genre de discours ?


Depuis quelques années, on a pu voir qu’une consommation plus responsable du vêtement semble doucement s’installer dans le quotidien de certains d’entre nous. Du fait de sa popularité grandissante, il existe plusieurs manières de nommer ce "nouveau" mode de consommation de la mode qui dit stop à la frénésie autour de la fast fashion des années 90 et 2000. On parle parfois de "mode responsable" , de "mode éthique" ou même parfois de "mode écologique".


Mais qu’est-ce que ces différentes appellations signifient vraiment ?


Prôner une mode plus éthique, c’est vouloir pencher vers une industrie de la mode qui se rapproche des valeurs, de la morale et des règles de conduites de notre société.

Tandis qu’une mode plus écologique est plus liée à la responsabilité environnementale qui résulte, quant à elle, de la prise de conscience des conséquences de nos actes sur l’environnement.


J’ai tendance à favoriser l’expression "mode responsable" dans mon discours qui, pour moi, a vraiment du sens. La notion de responsabilité reflète l‘obligation de répondre de ses actes. La responsabilité désigne également la capacité de prendre soi-même des décisions.

Je trouve l’utilisation de cette notion particulièrement intéressante dans le contexte d’une industrie textile mondiale au sein de laquelle, très souvent, on ne se sent qu’un "pion insignifiant" . On a d’ailleurs souvent tendance à utiliser cette "insignifiance" comme prétexte pour nier toute forme de responsabilité personnelle au sein de cette une industrie planétaire plus que gigantesque.

Pourtant, selon moi, bien que nos action personnelles peuvent paraître minimes, si elles sont prises chacune séparément, l’addition de ces petites actions peut peut-être amener à un changement dans nos habitudes de consommation qui aura un impact sur l’industrie.


Mais comment s’assurer que le produit que l’on achète est vraiment éco-responsable ?

A l’heure où l’éco-responsabilité du vêtement peut presque être qualifiée de "tendance", il est parfois difficile de s’y retrouver entre "greenwashing" ( : méthode de marketing consistant à mettre l’argument écologique en tête de sa campagne de communication, car "l’écologie ça fait vendre" et réelles valeurs misent en application par la marque. Ou encore entre tous les différents labels, appellations et certifications censés garantir l’éco-responsabilité du vêtement.


A travers cet article, nous allons essayer d’y voir plus clair en ce qui concerne les différents indicateurs de l’éco-responsabilité d’un vêtement.

A la fin de la lecture de cet article, vous devriez avoir certaines clefs en main qui vous permettront de choisir le vêtement qui a du sens pour vous et qui correspond à vos valeurs personnelles.


On décrypte les différentes matières sur nos étiquettes.


La confection d’un vêtement. Alors, je ne vais pas vous le cacher plus longtemps, c’est loin d’être mon domaine de prédilection. Mais bon, grâce à ce fabuleux outil que l’on nomme internet, on peut réaliser de grandes choses… comme comprendre la manière dont un tissu est fabriqué !


Commençons par le commencement. Pour confectionner un vêtement, il faut du tissu et pour confectionner un tissu il faut…des fils !

Mais à partir de quoi les fils sont-ils faits ? Les fils sont créés à partir de fibres. Et des fibres, il en existe différentes sortes : des fibres végétales, animales, chimiques ou encore synthétiques.


Les fibres végétales :

- Le coton : 1/3 des cotonniers sont génétiquement modifiés pour l'augmentation des profits. C'est un très gros consommateur d'eau. Même si elle augmente de plus en plus, la production de coton bio reste basse.

- Le lin : les 2/3 de la production mondiale se déroule en Europe. Matière très résistante.

- Le chanvre : La production se déroule surtout en Asie (plus particulièrement en Chine).

- L'ortie ou la ramie.

- Le latex ou le caoutchouc : production surtout en Asie et en Amazonie.

- La jute.


Les fibres animales :

- La laine : avec une qualité très variable.

- La soie : provient de la chenille et du papillon, la production est surtout chinoise.

- Les poils de lama : production en Amérique du Sud.

- Le cachemire : la Chine en est un très gros producteur.

- Le mohair : la production se situe surtout en Afrique.

- Les poils de chèvres d'Europe.

- Les poils de lapin

- Les poils de chameau : production en Afrique ou en Inde.


Les fibres sont à la source de nos vêtements. C’est en comprenant la différence entre les types de fibres que l’on va pouvoir s’apercevoir si la matière de nos vêtements est réellement éco-responsable ou si, au contraire, elle est nocive en elle-même (pour notre santé), ou pour l’environnement de par son processus de fabrication (ou malheureusement parfois les deux).


Les fibres chimiques : quelques exemples

- Le triacétale de cellulose : autant utilisé pour la fausse fourrure que pour la fabrication des filtres de cigarettes.

- Le lyocell/ tencel : issu de la transformation de l'eucalyptus. Il est écologique et biodégradable.

- La viscose de bambou : issue de la pulpe de bambou, anti-UV et recyclable mais sa production est assez nocive pour l'environnement.


A savoir : Chimique ne veut pas toujours dire toxique ! Chimique veut simplement dire que la fibre naturelle de base a subi un processus de transformation de la main de l'Homme.


Les fibres synthétiques :

- Les polyamides : proviennent de la houille ou du pétrole.

- Les polyesters : proviennent du pétrole.

- Les acryliques : proviennent de la houille, de la chaux ou de l'azote.

- L'élasthanne : provient du pétrole.

- Les chlorofibres : proviennent de la houille ou de la chaux.


Attention : ces fibres ne synthétisent pas toutes les fibres existantes sur notre planète Terre ! (Oui, je ne préférais pas vous endormir tout de suite).


On décrypte les différents labels et certifications.


Pour commencer notre aventure dans le VASTE monde des labels de mode éco-responsable (et je pèse mes mots), il faut comprendre qu’il n’existe PAS de label global qui regroupe sous un même petit logo tous les différents volets que peut comporter le cahier des charges du vêtement éco-responsable (volet écologique, social, santé ou encore animal).


Petit point définitions :


Un label : (de l’anglais « étiquette »).

Étiquette ou marque sur un produit destinée à en garantir l’origine, la qualité. Un label est une marque protégée, distinctive et collective créée par un organisme public ou parapublic ou par une association ou organisation professionnelle.


Une certification : La certification est une procédure destinée à faire valider par un organisme indépendant le respect du cahier des charges d’une organisation par une entreprise.


A la place de l’idéal du label unique, reconnaissable entre mille, il existe une multitude de labels, appellations et certifications se concentrant chacun sur l’un ou plusieurs des volets précédemment cités.


Le consommateur à la recherche d’un vêtement éco-responsable doit alors déjà être en capacité de reconnaître ces différent indicateurs pour pouvoir par la suite s’y repérer. En connaissant ces indicateurs, vous allez enfin pouvoir faire des choix de consommation qui ont du sens pour vous en fonction de vos valeurs personnelles.


Si, pour vous, le côté préservation de l’environnement est celui qui a le plus d’importance, vous pourrez choisir des produits labélisés ou certifiés en ce sens. Si c’est le volet social et humain qui vous tient plus à cœur, certains labels sont spécialisés dans ce domaine.


Je sais que la tâche peut dans un premier temps paraître quelque peu laborieuse mais nul besoin d’apprendre tous les labels par cœur, prenez un moment pour les comprendre et choisissez de retenir les logos de ceux qui font sens pour vous.


  • « Origine France garantie » : la totalité de la production du produit a lieu en France = normes sociales, bonnes conditions de travail, préservation de l’emploi en France contrairement au « Made in France » qui peut s’avérer être mensonger.


  • GOTS : global organic textile standard : C’est un label mondial pour les fibres organiques des textiles. Pour être labelisé GOTS il faut qu’au moins 70% des fibres utilisées soient d’origine naturelle. C’est à ce jour le label le plus exigeant (c’est celui qui possède le plus gros cahier des charges).


  • OEKO-TEX : c’est une certification et non pas un label. Le produit textile ne contient pas produits nocifs pour la santé de l’humain et ni de produits toxiques pour l’environnement. Il existe 7 certifications OEKO-TEX plus ou moins strictes.


  • Naturleder : label de l’Union européenne pour le cuir.


  • SloWeAre : label de marques éco-responsables. C’est un label se basant sur les valeurs des marques (critères : qualité du produit, impact social, impact environnemental).


  • Cruelty free : pour les produits de cosmétiques : aucun test du produit sur les animaux.


  • Vegan : produit sans substances d’origine animales et pas testé sur les animaux.

Attention : aujourd’hui, la certification « vegan » n’est pas encadrée par la loi. Les entreprises peuvent exploiter à leur guise le « vegan » pour leur business. Il existe alors de nombreux abus de langage et de la publicité mensongère de la part de certaines marques et tout cela sans recours judiciaire possible pour les consommateurs qui se retrouvent bernés.


  • FairTrade : Le système Fairtrade permet de certifier aux coopératives de petits producteurs l’assurance d’un prix juste et stable de leurs produits, ainsi que des relations commerciales plus durables par le biais de plusieurs labels. Ils vérifient aussi la structuration de l’organisation, ainsi que les mesures mises en place pour la protection de l’environnement et la sécurité des employés.

En résumé : 3 petites étapes pour vérifier qu’un vêtement est bien « éco-responsable ».


1. Regarder les matières sur l’étiquette : Ainsi on va pouvoir vérifier si la matière n’est ni toxique pour l’environnement (en tant que telle pour par son processus de fabrication), ni nocive pour ma santé et vérifier si elle respecte le bien-être animal.


Certaines matières sont reconnues aujourd’hui comme les matières éco-responsables par excellence (elles sont alors très à la mode dans le milieu) comme le tencel ou le lyolcell connu comme « la crème de la crème » des matières éco-responsables.

Elles sont obtenues à partir de cellulose (protéine présente dans l’écorce de bois) d’arbres d’eucalyptus qui est dissoute dans un solvant non-toxique. La transformation de ces fibres végétales en fils ne demande qu‘une très faible consommation en eau et pas (ou peu) de produits chimiques et nocifs.

Sur la liste des matières éco-responsables on peut également trouver le coton bio, le lin, le chanvre, le liège ou encore la jute.


2. Regarder d’où provient le vêtement : Le lieu de fabrication du vêtement va avoir une réelle importance en ce qui concerne le volet social mais aussi sur la toxicité des procédés de fabrication.


On parle ici du « Made in » sur vos étiquettes. Souvent, le lieu de fabrication est un très bon indicateur des conditions sociales dans lesquelles le vêtement a été confectionné.

Mais attention, il ne faut pas mettre tous les producteurs dans le même sac. Il existe même au Bengladesh, tristement célèbre depuis la catastrophe de l’effondrement du Rana Plaza en 2013, des usines aux pratiques sociales décentes et aux valeurs plutôt éthiques.

Il ne faut pas émettre de conclusions hâtives à la simple lecture du lieu de fabrication du vêtement même si ce dernier reste, dans la majeure partie des cas, un bon indicateur.


3. Repérer en quoi le vêtement est responsable grâce à la connaissance de la signification des différents labels.


Attention : les certifications sont souvent payantes comme par exemple l'est la certification GOTS . Parfois les marques font le choix de ne pas demander les certifications pour ne pas avoir à payer la somme de cette dernière qui peut leur sembler trop coûteuse.

Cependant, ce choix des marques reste rare car, la majeure partie du temps, si une entreprise décide de produire de manière éco-responsable elle va chercher à le montrer au grand public et à en faire, une force, un argument marketing.

L’éco-responsabilité fera alors très souvent partie intégrante de son image de marque et de sa stratégie de vente et la certification pourra lui être bien utile.

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